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Les dessins d’un étudiant à la maîtrise gravent leur empreinte sur les concepts visuels

Image de Bon Adreil

Il y a cinq ans, Bon Adriel épluchait des rapports de recherche pour préparer son mémoire de maîtrise en informatique à l’Université de Calgary, essayant de déterminer ce que font les gens des données, lorsqu’une idée originale lui est venue.

« Je n’arrivais pas à voir ce que ces rapports comportaient de novateur ou d’intéressant », affirme-t-il. Il a donc mis au point un moyen unique d’interpréter les données. Il a dépouillé l’information de manière visuelle en recourant à des colonnes interreliées qui l’aidaient à comprendre ce que les données révélaient.

Une fois son mémoire de maîtrise publié, en 2014, Bon a laissé de côté l’outil original qu’il avait créé pour tirer un sens des données et est passé à autre chose.

Jusqu’au 2017.

C’est alors que sa directrice de thèse de doctorat, Sheelagh Carpendale, ph. D., qui est aussi directrice du laboratoire d’innovation en matière de visualisation (InnoVis) de l’Université de Calgary, s’est remémoré la façon originale de présenter des données que Bon avait mise au point. Ce souvenir lui est revenu alors qu’elle analysait des concepts préparés par Doris Kosminsky, professeur en communication visuelle à l’École des Beaux-arts de l’Université fédérale de Rio de Janeiro.

« Je ne me rendais pas compte que j’étais en train de créer quelque chose d’entièrement nouveau, déclare Bon. J’essayais simplement de faire le dépouillement des rapports de recherche. » Pour Mme Carpendale, cependant, Bon portait à un autre niveau la notion des « coordonnées parallèles », une méthode de visualisation mise au point à l’origine par Alfred Inselberg, informaticien américano-israélien, maintenant rattaché à l’Université de Tel-Aviv.

[en anglais seulement]

« Doris m’a montré des graphiques à barres empilées; je me suis alors dit que nous pourrions leur faire franchir un pas de plus en intégrant les concepts de la version des coordonnées parallèles de Bon, » explique Mme Carpendale.Elle a donc communiqué avec ce dernier et l’a invité à se joindre à un projet qui consistait à présenter les données de l’Office national de l’énergie dans une forme visuelle facile à assimiler.

L’Office s’est adjoint les services de laboratoire Intéractions des données de l’Université de Calgary afin de trouver de nouvelles façons de présenter et de partager les montagnes de données qu’il possède sur les incidents liés aux pipelines et aux installations connexes qu’il réglemente au Canada. L’application de visualisation des incidents est conçue pour permettre à tous, même les non-experts, de dégager facilement des tendances en consultant les données présentées visuellement.

Maintenant étudiant au doctorat, Bon s’intéresse à la manière d’associer la visualisation à la mobilisation du public. Précisément le but de l’initiative de l’Office. Grâce à l’application de visualisation, explique Bon, les gens peuvent dégager leurs propres récits. « Ce qui m’intéresse vraiment, c’est l’idée à l’origine des récits » extraits des données, ajoute-t-il.

Quand Bon a entrepris son cheminement académique, la visualisation des données n’était pas dans ses plans. Né aux Philippines, Bon est arrivé à Calgary avec sa famille en 2006. Au secondaire, l’informatique l’intéressait. Sa passion pour les jeux sur ordinateur l’a amené à apprendre le codage informatique. Durant ses études de premier cycle, il a rencontré quelqu’un qui travaillait sur l’interaction humaine de la programmation.

« J’ai assisté à un exposé sur la visualisation des données et le déclic s’est fait. »

Dessinateur dans ses temps libres, Bon s’est senti un lien direct avec Mme Carpendale, elle aussi issue des arts visuels. « Nous comprenons les mêmes choses » sur la façon de voir les données d’une nouvelle manière, révèle Don.

Il insiste pour dire que les visualisations qu’il a créées n’étaient que le début. À mesure que les membres de l’équipe apportaient leurs propres idées à ses concepts, celles-ci ont pris un nouvel envol. Il affirme que l’équipe l’a aidé à prendre du recul par rapport à ses propres travaux et à être plus critique, avec comme résultat qu’ils s’en sont trouvés améliorés. « Parfois, nous sommes un peu trop épris de nos travaux », déclare-t-il.

Selon lui, les visualisations excellent quand elles sont esthétiquement agréables et qu’elles piquent la curiosité des gens. À ses yeux, nous sommes tous capables de comprendre des visualisations élaborées, même celles qui sont beaucoup plus complexes que les graphiques à secteurs ou à barres que nous connaissons bien.

Pour Bon, les visualisations offrent un moyen extraordinaire d’établir la confiance de la population dans les données d’un organisme, comme l’Office.

« Nous voulons être capables d’établir l’origine des données, c’est-à-dire de les valider. Et nous voulons être en mesure de montrer que l’information qui est présentée est impartiale », conclut-il.

Maintenant âgé de 28 ans, Bon espère poursuivre son apprentissage par le truchement de l’enseignement d’une nouvelle façon de concevoir les médias, lorsqu’il aura achevé sa thèse de doctorat. Microsoft et Google figurent sur sa liste de futurs employeurs potentiels.


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