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Collaboration inédite toute en transparence

« Transparence », voilà désormais un mot clé pour les gouvernements qui souhaitent un engagement accru avec les citoyens. Toutefois, ce n’est pas simplement en ouvrant les rideaux que la lumière informative se fera.

Il y a déjà bien longtemps que l’Office national de l’énergie s’est engagé dans la voie de la transparence, par exemple en mettant à la disposition du public ses données sur les incidents pipeliniers. Ce grand déploiement n’a toutefois eu qu’un impact limité, car peu nombreux sont ceux qui maîtrisent parfaitement la manipulation de volumineux tableurs Excel.

Il fallait faire davantage pour que l’information soit vraiment à la portée des Canadiens et utilisée par eux, qu’ils y trouvent ce qu’ils cherchent et qu’ils puissent s’engager dans des échanges de fond sur les 73 000 kilomètres de pipelines, internationaux et interprovinciaux, que l’Office réglemente. Mais comment s’y prendre pour que chacun puisse plus facilement faire émerger les histoires qui se cachent derrière les chiffres présentés par l’Office?

C’est précisément cette question qui a mené à une collaboration unique entre l’Office, un laboratoire de recherche en visualisation de l’information à l’Université de Calgary et VizworX, un réalisateur de logiciels sur mesure. Tous ensemble, ils ont créé une façon de transformer les données de l’Office sur les incidents pipeliniers de 2008 à 2017 en images faciles à créer, à comprendre et à communiquer.

Annette Hester est une consultante dont les services ont été retenus en 2015 et qui a alors entrepris une quête à la grandeur du pays pour trouver le meilleur laboratoire de visualisation des données au Canada. Après avoir parlé à des spécialistes d’institutions renommées, qu’il s’agisse de l’École d’art et de design de l’Ontario ou de l’Université de la Colombie-Britannique, respectivement à Toronto et à Vancouver, on l’a aiguillée sur un chemin menant à Sheelagh Carpendale, au laboratoire Interactions à l’Université de Calgary.

Le laboratoire de l’Université de Calgary était le seul dont la taille lui permettait de s’occuper de l’éventail complet des tâches envisagées par l’Office. L’équipe de visualisation des données du laboratoire Interactions approche la recherche en visualisation de deux angles, celui de la conception et celui des sciences informatiques. C’est cette double perspective, alliée à la collaboration avec VizworX, qui a mené à la visualisation des données de l’Office sur les incidents pipeliniers à partir du Web.

Il s’agissait d’un projet totalement inédit, tant pour le laboratoire Interactions que pour l’Office, ce qui fait que les négociations se sont échelonnées sur plusieurs mois. Le but commun était convenu de tous : il fallait mener des recherches en visualisation des données afin de rendre l’information colligée par l’Office plus compréhensible et plus accessible au grand public.

L’Office est persuadé que la visualisation des données aide tout le monde, spécialistes ou non, à mieux comprendre les chiffres bruts par le truchement d’outils permettant d’analyser de grandes quantités d’ensembles complexes pour en dégager des tendances et des modèles. Cette façon de voir cadre parfaitement avec l’objet des recherches menées dans le laboratoire de l’Université de Calgary, qui vise à trouver de nouvelles façons pour que les gens puissent faire des rapprochements entre diverses données et mieux les comprendre.

Initialement, une petite équipe a entrepris un projet pilote qui est devenu Explorer l’avenir énergétique du Canada. Pendant trois mois, ce projet a permis de mettre à l’essai l’idée que la visualisation des données en faciliterait la compréhension pour tous. En plus d’avoir joui d’une réception enthousiaste, le projet a également mérité un prix en raison de sa contribution à l’innovation dans le domaine de la réglementation accordé par la Communauté des régulateurs fédéraux, un partenariat de ministères et d’organismes du gouvernement fédéral.

Forts des succès du projet pilote, l’Office et le laboratoire de l’Université de Calgary ont décidé d’y aller pleins gaz afin de créer des visualisations d’autres données, dont sur les incidents mettant en cause des installations et des pipelines réglementés par l’organisme, de poursuivre les recherches en matière de conception et finalement de produire à l’intention des membres du personnel les outils dont ils auront besoin pour maintenir le cap une fois ces travaux menés à bon port.

Pour sa part, l’initiative de visualisation des données, un programme de trois ans qui prendra fin à l’automne 2019, sera à l’origine de nouvelles visualisations propres à d’autres aspects du travail de l’Office. Cette expérience va au-delà de la simple ouverture des données et s’inscrit dans le mandat de l’Office qui veut favoriser les échanges sur l’énergie en fournissant aux Canadiens de l’information impartiale, fiable et accessible.

Katherine Murphy, gestionnaire de l’initiative, mentionne que la recherche menée profitera également aux efforts déployés par toute autre organisation dans le domaine de la visualisation. Elle ajoute que, dans cette optique, la remise du code source constitue un élément intégré à tous les contrats

La mise en commun des résultats des recherches constitue l’un des piliers du projet. Katherine souligne que l’équipe a consacré beaucoup de temps à parler aux spécialistes des données d’autres organismes gouvernementaux, qui se sont intéressés de près à l’initiative.

De son côté, Sheelagh Carpendale, co-directrice du projet pour le groupe de recherche sur l’innovation en visualisation, atteste de l’intérêt déclaré du monde universitaire pour ces travaux novateurs. Elle précise que son laboratoire est composé d’un petit groupe de personnes qui tente de répondre à de grandes questions.

L’autre co-directeur, Wesley Willett, qui lui s’occupe du groupe de recherche sur l’utilisation des données, indique qu’aucun modèle n’existe pour de tels travaux et que l’idée est de conditionner l’Office à commencer à penser à ses données en fonction de nouveaux paramètres.

La prochaine étape prévoit que le laboratoire de l’Université de Calgary collaborera avec divers groupes de citoyens, dont des communautés autochtones, pour en apprendre davantage sur ce que signifie l’engagement à partir d’un tel outil de visualisation. La rétroaction ainsi obtenue ne pourra que mener à des améliorations de l’outil.

Ressource : Energy visualization at the Interactions Lab [en anglais seulement]

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